Sa vocation commence à Lille où il est né en 1962. Il a 14 ans lorsque son oncle l’initie au travail du laboratoire de développement : mystère des secrets de manipulations dans l’obscurité, magie de l’apparition de l’image, moment incomparable où l’artiste se fait artisan, travaille de ses mains à souligner une forme ou à modeler le moelleux d’un noir sur le papier sensible. Le goût de ce travail ne le quittera plus, même lorsqu’il passera naturellement à la photographie numérique.

Placé sous de tels auspices, il entre apprendre le métier à l’Ecole de Photographie de Lille en 1980, formation suivie de trois années d’activité en laboratoire professionnel de développement noir et blanc. En 1984, il va à la lumière et s’installe à Manosque dans les Alpes de Haute Provence.

Depuis 1990, Jean-François Mutzig mène de front une activité de journaliste dans la presse régionale et un travail de reporter free-lance qui l’amène à publier ses images. En 1993, il rejoint l’agence Biosphoto, spécialisée dans les thèmes de la nature et de l’environnement, pour la diffusion de ses photographies.

Jean-François Mutzig porte un regard ébloui sur sa région d’adoption. Ses photographies en magnifient les paysages et les gens qui les habitent. Son travail sur le pays des Ocres à Roussillon et à Rustrel explore les anciennes carrières au moment du départ des derniers ocriers. Ses photographies ont fait l’objet de plusieurs livres et publications dans des magazines.

Il a partagé pendant un an au gré du vent le quotidien des pilotes de la société France Montgolfières, aventure dont il a tiré la matière de l’album « La Provence en ballon ».

Plus récemment, le charme des jeunes touristes asiatiques s’ébattant sur plateau de Valensole lui a inspiré l’ouvrage « Femme lavande » sur des textes de l’écrivain René Frégni.

En tant que reporter, Jean-François Mutzig s’intéresse à l’évolution du monde actuel et ses conséquences culturelles ou environnementales. Il pose un œil bienveillant sur l’humanité sous toutes les latitudes : les mineurs vietnamiens dans leur dur labeur, les charbonniers malgaches et leur univers, les pêcheurs italiens à l’œuvre. Le regard qu’il porte sur ce monde se situe dans la tradition de la photographie humaniste ; des images prises dans un grand respect du sujet, qui en font ressortir toute la dignité et qui mettent en avant des liens de confiance entre le photographe et la personne photographiée.

Son projet au long cours sur le thème « Des éléphants et des hommes » synthétise l’esprit de sa démarche de photographe. Pendant douze ans, Jean-François Mutzig a sillonné l’Asie pour portraiturer l’animal dans sa relation ancestrale avec l’homme : l’éléphant prince d’un jour pendant les fêtes en son honneur mais aussi la victime des maux qui affectent les humains.

Ce travail lui a valu le Prix Spécial du Jury au prestigieux « Days Japan » International Photojournalism Awards 2017 pour son reportage sur le débardage des bois précieux en Birmanie.

En ces moments de mondialisation effrénée et d’uniformisation des modes de vie, il va à la découverte de comportements humains authentiques. Ses images s’attachent à montrer l’homme dans son activité quotidienne et à débusquer comme des valeurs rares mais sûres, l’harmonie et la paix qu’il entretient avec ses congénères et son environnement.

Jean-François Mutzig s’est vu décerné en 2015 la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre Fleur Pellerin.

 

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CV de Jean-François Mutzig : ici
Texte sur le débardage des bois précieux : ici

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